Créé aux Etats-Unis en 2006 par 3 entrepreneurs engagés de Philadelphie, le label B Corp est arrivé en France en 2015. Avec cette certification, la performance de l’entreprise n’est plus uniquement calculée sur sa réussite financière mais également sur son engagement social et environnemental. Business et éthique seraient donc conciliables ? Retour sur un label qui connaît un succès grandissant auprès des entreprises mais qui reste peu connu du grand public.

« Le capitalisme du XXe siècle a pour seul but de maximiser le profit au service des actionnaires [...]. Nous devons passer à un capitalisme du XXIe siècle, qui crée de la valeur aussi bien pour les actionnaires que pour la société », expliquait Jay Coen Gilbert, le co-fondateur du label B Corp, lors d'une conférence TEDx.

Autour de cette idée lancée en 2006 aux Etats-Unis, les co-fondateurs de B Corp ont réussi à fédérer 13 ans plus tard, 2700 entreprises de toutes tailles et de tous les secteurs dans 60 pays.

En France, 70 entreprises labellisées B Corp

En France, le cabinet de conseil Utopies accompagne les entreprises qui souhaitent rejoindre la certification. Il a également été la première entreprise de l’hexagone labellisée en 2015. « Pour Utopies, cela semblait une évidence de se faire certifier B Corp car ses ces valeurs correspondent à ce que nous prônons depuis toujours.  De plus, il nous semblait important de nous appliquer le questionnaire à nous-même avant de demander aux autres de le faire. Cela nous a donné l'occasion de constater qu'en matière de politique RH, nous pouvions encore faire beaucoup mieux que ce que nous faisions déjà »,  explique Climène Koechlin, en charge de l’accompagnement B Corp chez Utopies. Aujourd’hui 70 entreprises françaises sont labellisées et une centaine le seront d’ici fin 2019.


Comment se faire certifier B-corp ?

N’est pas B Corp qui veut. Les entreprises doivent d’abord répondre à un questionnaire de 300 questions permettant de mesurer leur impact sur l’environnement, les salariés, les clients, les fournisseurs, leur territoire et enfin la gouvernance.

« La note moyenne des entreprises qui font le questionnaire est de 55, B Corp demande un minima de 80 points pour demander la certification : c'est très exigeant ! », ajoute Climène Koechlin.  

Toutes les entreprises peuvent accéder gratuitement à ce questionnaire sans pour autant demander à être labellisées. Cette évaluation leur permet d’identifier leurs points faibles, leur marge de progression et de se comparer aux autres. En effet, les résultats de chaque entreprise labellisée sont publiques et consultables en ligne.


Des réponses vérifiées et réévaluées tous les deux ans

Pour ceux qui atteignent les 80 points et demandent leur labellisation, les réponses sont, bien entendu, minutieusement vérifiées et réévaluées tous les deux ans. « Nous demandons également aux entreprises qui souhaitent obtenir la certification de formaliser dans leurs statuts leur engagement sociétal, et de continuer à évaluer régulièrement leur impact avec le questionnaire », précise Climène Koechlin. Toutes les entreprises doivent continuer à s’améliorer. Aucune n’a encore obtenu la note maximale de 200 points !


B Corp plus qu’un label : un réseau international

Outre le fait d’affirmer et de protéger la mission sociétale de l’entreprise, le label a un autre atout important : rentrer dans un réseau international d’entreprises qui s’entraident et qui ont l’ambition de créer un nouveau secteur de l’économie. C’est pourquoi, elles se soutiennent aussi dans les affaires et créent entre elles des relations commerciales. La Camif, par exemple, travaillerait avec une dizaine de B Corp. Business et éthique semblent donc conciliables et peut-être même en passe de devenir le nouvel enjeu des entreprises du XXIème siècle.


*à but lucratif


Pour en savoir plus :  https://bcorporation.net ; http://www.utopies.com/fr/b-corp