Les entreprises ont pour obligation légale d’intégrer dans leur stratégie la dimension RSE et, pour cela, se fixent des Objectifs de Développement Durable (ODD) qui structurent leur mise en action. Les Directions RSE, mandatées par les Directions Générales, ont pour mission de définir les jalons de l’implication de l’entreprise dans cet objectif et de ses parties prenantes (salariés, clients, fournisseurs). Cependant, il arrive souvent que les "bilans Carbone" et les "Plans d’action ODD" ne passent pas la porte des départements RSE... A tel point qu’une majorité de salariés dans les entreprises savent qu’une politique RSE existe dans leurs entreprises, mais que très peu d’entre eux en connaissent le contenu.

Alors, est-ce un problème de management, d’implication des salariés ? Il y a un peu de tout ! Il faut souligner qu’au-delà de l’implication des comités de Direction conscients des enjeux liés au dérèglement climatique, la RSE rentre dans un cadre légal et implique des obligations pour les entreprises. Et quand on fait les choses par obligation, on peut les faire sans trop y croire, ni sans trop infuser la culture «bas carbone» au sein de son organisation nécessaire pour faire face aux enjeux de demain....La prise en compte et la réalisation des ODD repose donc davantage sur la volonté d’un Comex d’aller au-delà de ce qui est imposé par l’environnement légal et sur sa capacité à associer des collaborateurs sensibilisés à la problématique du changement climatique.

C’est dans ce contexte que le team building, par la voie d’activités de sensibilisation peut avoir un rôle à jouer. La plus emblématique est l’animation appelée «Fresque du climat».

La Fresque du Climat est un outil qui permet de comprendre en équipe le dérèglement climatique en 3h.

Fondée sur les mécanismes de l’intelligence collective, elle est adaptée au team-building et peut se faire en français comme en anglais. Au fur et à mesure, les participants, positionnés autour d’une table, posent des cartes qui représentent chacune une étape du dérèglement climatique. En se concertant, ils doivent ensuite déterminer les liens de causes à effets entre chacune d’entre elles. A la fin de l’activité, une séance de debrief, essentielle, est effectuée. Elle permet à chacun d’exprimer ce qu’il ressent à la suite des enseignements assimilés lors de la construction de la fresque. Toutes les palettes d’émotion sont incarnées : déni, peur, colère, abattement, déprime, ou encore envie d’agir ; ce nuancier de ressenti doit être accompagné par l’animateur et le manager sur le court et le moyen termes.

C’est précisément cela l’intérêt : grâce à cette activité à mi-chemin entre le Team Building et le Team Learning, les conclusions et les plans d’actions que peuvent en tirer les équipes sont multiples!

Elle permet de se mettre en mouvement d’un point de vue individuel et de réfléchir collectivement aux actions cohérentes, voire dépassant les ODD (actions d’économies d’énergie, de décarbonation de la chaîne de valeur, etc...).

Il existe d’autres team building estampillés «RSE», moins structurants, mais plus « dans le concret ». A ce titre, l’apéro anti-gaspi constitue un excellent moyen de sensibiliser les collaborateurs à la problématique du gaspillage alimentaire dans un contexte ludique et convivial. Le principe est simple : après avoir bénéficié d’une présentation sur le contexte du gaspillage alimentaire (pour information, 1/3 de la nourriture produite est perdue en France), et à partir d’invendus alimentaires, les participants, encadrés par des animateurs, confectionnent des pièces apéritives qu’ils dégustent ensuite ! D’autres activités centrées autour de la préservation de la biodiversité, sont également possibles, comme la plantation d’arbres dans des domaines forestiers privés, des ateliers de sensibilisation à la vie de la forêt avec l’ONF, etc...

Aussi, donner du sens à une réunion, à un séminaire à travers des activités de team building «à impact», permet non seulement de créer des rassemblements constructifs et fructueux mais aussi de décloisonner les recommandations ou volonté RSE parfois trop laissées au placard. Ou comment faire face à la réalité et mettre les mains dans le cambouis active les volontés des collaborateurs!


Frédéric AUBERT

Directeur, NEOVENT