L’économie circulaire, vous en avez déjà entendu parler ? Encore un concept écolo qui vous paraît très flou et très abstrait. Vous pensez que l’économie circulaire se réduit au recyclage des déchets ? Faux ! C’est en réalité devenu un véritable enjeu économique et environnemental qui remet totalement en cause notre façon de produire et de consommer. Consommateurs, collectivités et entreprises… nous sommes tous concernés. Il est donc grand temps de se pencher sérieusement sur le sujet, vous ne pensez pas ?

Economie circulaire # économie linéaire


Petit rappel : jusqu’ici nous étions dans une approche linéaire de la conception des produits : on extrait de la matière première, on fabrique, on achète, on jette. Résultat : nous puisons inexorablement dans les ressources de la planète qui ne sont malheureusement pas inépuisables. Chaque année, le jour de dépassement de nos ressources arrive de plus en plus tôt.  En 2018, il avait lieu le 1er août. Emerge donc depuis quelques années l’idée d’une économie circulaire. Mais qu’est-ce que cette économie circulaire ? On y vient.

 

Définition de l’économie circulaire selon l’Ademe


Contrairement aux idées reçues, l’économie circulaire est bien plus que quelques mesures sur le recyclage des déchets. Si l’on reprend la définition de l’économie circulaire de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), « l’économie circulaire est un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien être des individus. » En clair, nous devons passer d’un cycle : extraire, fabriquer, posséder, jeter et acheter à nouveau à un cycle : acheter des produits éco-conçus mais aussi louer, échanger, partager, réparer et recycler. Notre déchet final doit désormais devenir une ressource.


Les 7 piliers de l’économie circulaire


Vous l’aurez donc compris, penser « économie circulaire », c’est remettre en cause notre façon de produire et de consommer. Pour mieux comprendre les grands principes de cette économie circulaire, l’Ademe a défini 3 grands domaines et 7 piliers. Nous allons les détailler ici : 


L’approvisionnement durable et l’écoconception

Dès la conception d’un produit, il faudra dorénavant penser de manière circulaire. Les produits vendus devront être fabriqués avec de plus en plus de matières recyclées. Il faudra produire mieux avec moins de ressources non renouvelables. L’éco-conception est au cœur de l’économie circulaire. Penser le produit pour qu’il dure longtemps, qu’il soit réparable et recyclable.



L’écologie industrielle et territoriale (EIT)

Les déchets des uns pouvant être être les ressources des autres, l’idée est de développer des synergies industrielles permettant ainsi aux entreprises de réduire leur impact environnemental. L’EIT est un enjeu important tant pour la compétitivité des entreprises que pour l’attractivité des territoires. De nombreux exemples montrent que cela fonctionne comme le programme de synergies inter-entreprises (PNSI) regroupant quatre conseils généraux. Les mises en relation entre entreprises ont permis de générer 7 millions € de ventes additionnelles, d’économiser 500 000 € et de réutiliser ou recycler 25 000 tonnes de déchets.


L’économie de la fonctionnalité

L’économie circulaire va bien plus loin que le recyclage, elle remet en cause toute notre façon de consommer et donc le modèle économique des entreprises. Jusqu’ici nous étions dans une démarche d’achat et de possession. Qui n’a jamais acheté un objet parfaitement inutile et qui n’a jamais servi ou si peu ? Une nouvelle façon de consommer émerge appelée l’économie de la fonctionnalité. On est d’accord, pas très sexy comme nom mais l’idée vaut bien qu’on s’y arrête. Le principe : ne plus acheter un produit mais acheter son usage. Savez-vous que des grandes entreprises s’y sont déjà mises ? Michelin, par exemple ne vend plus ses pneus aux sociétés de transport routiers. Elle les loue. Les prix sont ajustés en fonction du nombre de kilomètres parcourus. L’intérêt n’est donc plus de fabriquer et de commercialiser un grand nombre de pneus, mais bien de faire durer le plus longtemps possible la marchandise.


La consommation responsable 

Le consommateur, on le voit depuis plusieurs années, influence la stratégie des entreprises. De plus en plus attentif à ses achats et à leur impact sur l’environnement, il a un rôle clé à jouer. Les entreprises auront donc tout intérêt à répondre à leurs attentes. Non pas en faisant du greenwashing mais par une vraie démarche d’économie circulaire et une vraie transparence dans la conception et la provenance de leurs produits.

Réparation, réutilisation et réemploi

Les entreprises vont également être poussées par la demande croissante du consommateur à concevoir et à produire des produits réparables et améliorables. Le recours au réemploi et à la réparation des produits va devenir naturel et attractif pour le consommateur. De grandes entreprises se sont déjà engagées dans la voie de l’économie circulaire comme SEB. L’entreprise s’est engagée à concevoir des produits facilement démontables et dont les pièces peuvent être changées. Ceci en partie grâce à l’impression 3D qui leur permet de créer les pièces à la demande. La bonne nouvelle est que ce secteur est créateur d’emplois non délocalisables !

Le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire qui sera débattu à l’automne par nos députés, propose d’ailleurs qu’un nouvel indice de réparabilité soit apposé sur les produits afin d’identifier leur capacité à être réparés. 


Recyclage des déchets

Et oui ! Seulement en bout de course arrive le recyclage des déchets ! Un pan néanmoins très important de l’économie circulaire avec de nombreux bouleversements à prévoir dans les prochaines années. Si l’économie circulaire repose en partie sur la réduction des déchets, un des gros enjeux va être l’amélioration de la collecte et le renforcement du principe pollueur-payeur, comme c’est déjà le cas pour les déchets électriques et électroniques. Le principe du producteur responsable du recyclage des produits qu’il fabrique va se renforcer et va être étendu aux articles de sport et de loisir, au tabac et aux lingettes. Ces mesures seront effectives en 2021 par la mise en place de nouvelles filières REP.